dimanche 31 mars 2019

Urgence pénitentiaire en Argentine


Argentine. Traitement cruel et inhumain dans les prisons. Après les nombreux rapports de l’ONU, du Procureur pénitentiaire de la Nation, des plaintes de Prisonniers Politiques, de cas graves de nourriture périmées servies dans de nombreuses prisons (Mendoza, Ezeiza, Marcos Paz...), l’urgence pénitentiaire a été déclarée par le gouvernement argentin, selon la Résolution n°184/19 du Ministère de Justice 25 mars 2019, pour 3 ans.
Le ministère de la Justice ne se présente jamais comme le responsable de la situation critique que vivent les personnes en prison, préférant transférer ses responsabilité découlant des obligations positives du droit, à des situations circonstancielles ou des motifs conjoncturels, tentant d’échapper ainsi à la responsabilité de l’État et au respect des principes prévus par les Conventions internationales.

Le ministère de la Justice, dans la résolution de référence, décrit les projets que le gouvernement a la volonté de mettre en place, les grands principes humanistes dans la politique pénitentiaire, la situation dans les prisons, alors que ce ministère est le responsable politique du service pénitentiaire fédéral.

L’État argentin reconnaît  d’ailleurs sans la moindre préoccupation que, malgré les efforts déployés, le déficit de places en prison persiste et, comme le précise le Service Pénitentiaire Fédéral, cette situation peut affecter les conditions de santé et ajouter des facteurs de violence carcérale.
 
La Chambre Nationale d’Appel Criminelle et Correctionnelle, salle 6, a rappelé dans son arrêt du 08 mars 2019, suite à un Habeas Corpus présenté par des détenus, que : 

"...les conditions inhumaines dans lesquelles les détenus sont hébergés en raison de la structure inadéquate...".

" Il n'est pas possible d'aller dans les prisons et de continuer à observer son état. Sauf quelques exceptions, le plus sincère serait d'affirmer aujourd'hui, après avoir relevé tant de carences, qu'elles ne conviennent pas à la condition humaine".

"...moins d'un mètre par détenu et plus de cent personnes pour partager deux salles de bain. Face à cela, force est de constater que la nourriture et les soins médicaux dispensés sur place sont insuffisants...".

"...les constances incorporées au dossier et, en particulier, ce qui à été discuté lors des audiences, révèlent la très mauvaise situation pénitentiaire et l'état d'urgence dans lequel se trouve le système, produit de l'augmentation continue du nombre de détenus incarcérés avec pour conséquences la surpopulations et le surpeuplement".

En attendant les recommandations de la Commission d’Urgence en matière pénitentiaire, (art.2 de la Res. 184/19), les personnes privées de liberté, dont parmi eux plusieurs âges de plus de 70 ans, malades, continuent à être victime de violation de leurs droits de l’Homme publiquement par l’État argentin.

Malgré cette situation préoccupante pour les hommes et les femmes privés de liberté et d’accès à la justice, et parmi eux des prisonniers politiques, il y a un silence préoccupant des gouvernements et des défenseurs des droits de l’Homme sur la situation des prisons et de la justice en Argentine.
 
Casppa France, 30 mars 2019







 
 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire